Récolement / Hervé Beurel

Pierre Székély, Grande forme de jeux ; Champagne sur Oise (Val-d'Oise) photo du livre, 2017
Design graphique : Tabaramounien
Design graphique : Tabaramounien
La fleur, Alain Méteyer, photographie : Hervé Beurel, 2017
Francesco Sobrino, superposition, sculpture, Sarcelles (Val-d'Oise), photo du livre, 1969
Piotr Kowalski, Mur en béton moulé, Viry-Chatillon (Essonne) photo du livre, 1969

Vernissage le vendredi 6 octobre à 18h30

« Le récolement est la vérification de la présence des œuvres à partir des inventaires. Il est la conséquence de l’existence d’un domaine public (de l’État et des collectivités territoriales) dont il sert à vérifier l’intégrité. Il s’agit d’une pratique très ancienne, mais inscrite récemment dans la loi (loi de 2002 sur les musées), et codifiée à l’article L. 451-2 du Code du patrimoine qui précise que « les collections des musées de France font l’objet d’une inscription sur un inventaire. Il est procédé à leur récolement tous les dix ans. » Circulaire n° 2006/006 du 27 juillet 2006 relative aux opérations de récolement des collections des musées de France (décret n° 2002-852 du 2 mai 2002 et arrêté du 25 mai 2004 publié au JORF du 12 juin 2004)

Récolement, le projet d’Hervé Beurel proposé à Entre-deux…

… provient d’une enquête amorcée il y a plusieurs années. Un livre trouvé dans une brocante est l’élément déclencheur de cette aventure à mi-chemin entre l’état des lieux d’une collection d’œuvres parsemées dans le paysage urbain francais et un véritable road-movie pour les retrouver. L’ Art présent dans la cité a été publié en 1969, il s’agit du premier ouvrage sur l’art public depuis l’arrêté du 18 mai 1951 sur le 1% dans les établissements scolaires et universitaires ; il témoigne d’un programme de commandes d’œuvres aux artistes par la Caisse des Dépôts et Consignations. La publication n’est pas neutre avec son format carré et sa couverture toilée, c’est un beau livre ! Ouvert, les pages livrent des photographies aux couleurs acidulées. Sculptures, fontaines, décors muraux, espaces de jeux apparaissent dans leur contexte, intégrés à l’architecture urbaine, aux halls d’immeubles, aux centres commerciaux, aux jardins et places. Les espaces sont habités par les usagers de la ville et portent l’utopie d’un cadre de vie pensé pour ses habitants où l’art trouve toute sa place.

Près de cinquante ans après, que reste-il ?

Cette question a été le moteur des allers et retours de l’artiste, entre l’atelier et les sites d’implantation des œuvres à partir du livre, son guide de voyage, avec, comme indices, les légendes des images. Une fois l’œuvre retrouvée, à la recherche du même point de vue que le photographe d’origine, il a enregistré les lieux à la même distance et avec le même angle, autant que possible car la ville a bougé ! Ces photos, avant et après, la première (issue de l’ouvrage) et la seconde (enregistrée par Hervé Beurel), ne sont pas présentées côte à côte mais forment deux ensembles qui inventent un dialogue à interpréter par le spectateur. Dans l’intervalle, cinquante ans de transformation urbaine, des barres HLM dynamitées, des places minérales envahies par le végétal, des œuvres déplacées, partielles ou disparues, des fontaines asséchées, des jeux démontés témoignent de l’évolution de la ville et de son rapport au patrimoine des Trente Glorieuses.
Cet intérêt pour les œuvres dans l’espace urbain n’est pas nouveau chez Hervé Beurel, la récente monographie (2016) Collection publique sur son travail l’atteste. L’ouvrage met en avant une série de photographies dont les motifs sont des décors muraux (peintures, mosaïques, reliefs) prélevés sur des façades d’immeubles construits dans les années 60 et 70. Le cadre photographique découpe exactement les contours des motifs au point qu’architecture, peinture et photographie se superposent et se fondent en un objet synthétique de l’ordre de l’image. À ce propos, Jean-Marc Huitorel écrit : « On ne renonce décidément pas à cette oscillation entre le pôle photographique et le pôle pictural au profit d’un milieu, certes ambivalent, mais ouvert tout autant. C’est ici sans doute l’endroit qui convient pour poser ces propos de l’artiste : « Je cherche toujours des solutions pour ne pas inventer. Ce sont les choses qui préexistent. Je reprends, je réitère, je reproduis ». Photographe dans le sens le plus basique du terme ; mais, au-delà de cette apparente modestie, porteur d’une véritable ambition, l’affirmation du geste, fût-il le plus minimal, le plus invisible, l’obtention d’un objet singulier. » (Huitorel Jean-Marc, « Le principe d’incertitude », Collection publique, Hervé Beurel, Rennes : Ed. Frac Bretagne, 2016, 123 p.)

Hervé Beurel

Il vit à Rennes, Il s’agit de sa première exposition personnelle à Nantes. Il a réalisé de nombreuses expositions en Bretagne, à la Galerie du Dourven à Trédrez-Locquémeau et à la Galerie Art&Essai de l’Université Rennes 2 en 2014, mais aussi à la Galerie Fernand Léger à Ivry-sur-Seine et à la Galerie Bebensee à Hambourg en 2006 entre autres. Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections publiques dont le Frac Languedoc-Roussillon ; le Fonds départemental d’art contemporain d’Ille et Vilaine ; la Collection du Conseil Général des Côtes d’Armor, Saint-Brieuc ; le Frac Bretagne et le Fonds communal de la Ville de Rennes.

Renseignements

Jacques Rivet / Marie-Laure Viale Entre-deux, structure de recherche engagée dans la production et la diffusion de l’art public contemporain
5 bis avenue de l’Hôtel-dieu, 44000 Nantes
T. 09 71 50 73 24 / www.entre-deux.org
Horaires de l’exposition :
mercredi au vendredi de 15h à 19h, samedi de 15h à 18h
Réservation pour les groupes : contact@entre-deux.org
Accès : tram 2 et 3, bus C3 Hôtel-dieu, bicloo station 53 Olivettes

Entre-deux bénéficie du soutien de la Ville de Nantes, du Conseil départemental de Loire-Atlantique, de la Région des Pays de la Loire, de l’État – Préfecture de la région des Pays de la Loire – Direction régionale des affaires culturelles et de la Fondation de France dans le cadre des projets de l’action Nouveaux commanditaires.
Entre-deux est membre du Pôle arts visuels Pays de la Loire et de Économie solidaire de l’art.