Jeu(x) de société(s) / Marie-Pierre Duquoc, Nicolas Gautron

Une première expérience de conception d'œuvre-jeu(x) transformatrice : À Nous de Jouer, Marie-Pierre Duquoc et Julien Zerbone. Séances de jeu dans le cadre de l’exposition Wiwildu, au Grand Café centre d’art à Saint Nazaire, oct.-dec. 2016, photo : Marc Domage    

Entre-deux accueille, du 21 au 27 février, la première séquence de production de Jeu(x) de société(s), un projet en cours de conception de Marie-Pierre Duquoc et Nicolas Gautron.

Ce premier temps de travail ne sera pas ouvert au public, qui sera convié pour les séquences de juin et d’octobre. Le processus de réalisation de Marie-pierre Duquoc et Nicolas Gautron prend la forme d’un dispositif nomade de co-création qui séjournera donc à plusieurs reprises à la base d’Appui d’Entre-deux à Nantes, entre autres destinations. Les artistes sont en possession d’un ensemble de matériaux, issus du recueil de récits d’expériences de personnes qui s’engagent dans des mutations profondes de leur activité, dans leur manière d’habiter et de vivre le monde. Iels sont Cécile, Lauriane, Julien, Tibo, René, Manée. Iels sont Apiculteurice, architecte, artiste, enseignant·e, chorégraphe, paysagiste, étudiant·e, poète, réfugié·e, retraité.e, militant·e.
De ces matériaux, il s’agit d’extraire les éléments de construction d’un jeu de société : mots, concepts, personnages, scénarios… Cette construction se fera elle-même dans un « jeu » continu d’allers-retours entre la production des artistes, les protagonistes des récits originels, les partenaires accueillant les résidences, et les joueureuses destinataires de l’œuvre. Des temps pour vérifier et approfondir les concepts auprès des sources, tester la potentialité des mots et des scénarios à faire image, à accompagner les joueuses et joueurs dans des imaginaires de transformations individuelles, sociales, environnementales.

Marie-Pierre Duquoc
Entre performance, écriture, dessin, vidéo, les propositions artistiques de Marie-pierre Duquoc s’inscrivent dans l’observation de nos modes d’organisation collectives. Elles se déploient dans la mise en place de dispositifs de narration collectifs et individuels, favorisant de nombreuses collaborations et contributions. Le langage et la langue fournissent la matière de ses expérimentations graphiques et orales, donnent corps à ses extrapolations analytiques et narratives, orchestrent les échanges. Le travail et par extension le non travail, fournit souvent le cadre de ces enquêtes. Il constitue une matière d’observation de nos espaces communs, du commun (banal) à l’en commun partagé. Les contextes explorés peuvent appartenir au cadre quotidien reliés à son histoire personnelle ou à l’extra-quotidien que propose la résidence, le voyage, la commande, etc. et l’emmènent dans différents environnements professionnels et communautés de travailleurs. Les récits de vie et de travail qui découlent de ces investigations s’élaborent depuis sa place d’artiste dans un jeu de réflexivité et d’interrelations entre les mondes du travail. Dans le prolongement de ces recherches elle se forme aux outils d’accompagnement et de coaching. Aujourd’hui, elle utilise et déploie ces outils à la fois dans ses démarches artistiques, de formation, d’accompagnement et de transmission.
Nicolas Gautron
Nicolas Gautron est graphiste et enseignant à l’ENSA Limoges. Il co-dirige l’ARC Expérience du territoire qui interroge comment l’art et le design abordent et agissent au contact du territoire en accompagnement et contribution des enjeux actuels. Au travers de ses réalisations, il défend une pratique active et partagée du graphisme et de l’édition, qui intervient sur différentes situations et favorise les collaborations. Il a suivi des études en école d’art, à Cergy puis Angoulême. Il y développe une recherche sur l’image en mouvement qui le conduit à co-fonder à Nantes l’association Mire pour la diffusion de cinéma expérimental. Son activité se concentre ensuite sur le graphisme et le déploiement de l’image dans l’espace (d’un livre, d’une scène, d’une exposition, d’un bâtiment, d’une ville). Il accompagne en tant que graphiste ou scénographe des projets artistiques et culturels (expositions à Fontevraud, Les Machines de l’Ile à Nantes, dispositif Observer la ville à Nanterre, Museum d’histoire naturelle…) et développe des dispositifs de signalétique et visibilité en lien avec des architectes et typographes, qui engagent souvent la participation des usagers ou du public (Onyx à St-Herblain, Halle 6 à Nantes…), parfois dans le cadre de 1% artistiques (Médiathèque d’Argentat, Maison de quartier Le Cadran à Rennes).

Ce projet a été initié avec la collaboration de l’historienne de l’art Emmanuelle Chérel. Il est soutenu par le CNAP ; accueilli et soutenu par Entre-deux. Les autres lieux d’accueil du projet, soutiens et contributions, seront indiqués au fur et à mesure de son avancée.